Comment une personne qui a prétendu vous aimer peut elle être à l'origine de tant de vilaineries? Quand un sauveur se transforme en bourreau, c'est tout un mode qui s'écroule. Alors on en vient à douter de tout et se poser cette question: était il bourreau au départ?

Je me repasse en boucles les moments, les bons comme les mauvais. Je m'attarde sur des regards, des mots, des attitudes.... Le doute s'immisce, et estompe l'aveuglement de l'amour.

Je me souviens de ce que j'ai pu entendre, constater, supposer, et je me dis que oui peut être avançait il masqué.

Le masque ne prend toujours la forme que l 'on croit.Le mien est facile à déceler , bric à brac de fards, de breloques et d'oripeaux. J' assume avancer masquée, parce que ce masque que l'on peut juger ou critiquer, c'est mon oeuvre mais aussi ma protection.

D'autres sont beaucoup plus subtils. Point de fardage, point d'outrances ostensibles, tout au plus peut on noter une impression de bonhommie, de bonté et d'altruisme. Ce ne sont que des impressions. Quand le vernis se craquelle, progressivement le vrai paraît.Il se retrouve dans des jugements abrupts, dans des certitudes erronées, dans la culpabilisation permante,dans l'isolement imposé, dans les insultes.

Le sauveur vous trompe pour que le bourreau fasse son oeuvre. Avec le temps, le bourreau règne seul dans son entreprise de destruction de l'autre devenu objet. Et lorsque la tache est achevée, on jette cet objet devenu trop encombrant.

On jette et on oublie aisément que cet objet est sujet et personne. Peu importe le mal est fait. 

Jeté sans espoir de recyclage, le bourreau a gagné. Il a vaincu mais il continue à exercer son emprise malsaine sur l'autre.

Fragilisé, sans repères, l'autre n'a plus que ses larmes pour pleurer et s'en vouloir d'avoir aimé.

L'autre sort de cette expérience encore plus détruit qu'il ne l'était auparavant alors que le bourreau attendrait presque qu'on le remercie....

 

Les gens ne sont pas grimés qu' à Mardi Gras, pour nombre d'entre eux, c'est le seul jour où ils tombent leurs masques.